« Marine Auriol, Henri Bornstein, Jean-Pierre Cannet, Claudine Galea, Ronan Mancec, Dominique Paquet, Sabryna Pierre, Claire Rengade, Sabine Tamisier, neuf auteurs à retenir car ils écrivent un théâtre d’aujourd’hui pour la jeunesse d’aujourd’hui. Chacun s’est saisi d’un personnage de la mythologie pour le faire résonner dans le monde des adolescents du moment.

Et c’est là que réside la puissance de ces neuf courtes pièces. Les Narcisse d’aujourd’hui évanouissent leur visage dans l’étang numérique de leur portable. Un certain Tithon, jeune berger à l’immense beauté, devient éternel grâce à l’immortelle Aurore (du matin) qui en tombe amoureuse. Yoan, jeune Méditerranéen, se plante sur le Cap Télémaque pour attendre le retour d’Ulysse qui le protégera du harcèlement dont il est victime dans la cour de récréation de son collège. Les mots de ces Nouvelles Mythologies de la jeunesse sont ceux qui font mal, comme le Slut-Shaming, littéralement «humiliation des salopes», un mouvement de harcèlement psychologique dont sont victimes les adolescentes. Les écritures sont parfois celles d’un zapping littéraire, mais toujours celles d’une nouvelle poétique qui interroge Comment ça commence ? Pourquoi ça commence ?, l’anorexie du corps qui ne parle plus mais va grandir par la lecture, la solitude de l’ado victime du pouvoir d’un piratage internet qui viole l’intimité de l’âme.

Le patchwork dramatique de ces neufs scribes de l’adolescence, va de l’hommage biblique au Cantique des cantiques à l’écriture néopunk, pour tenter de dire la société carnivore et réaliser la catharsis à tous les terrorismes. Nouvelles Mythologies de la jeunesse, commandées par Jean-Claude Gal, directeur du Théâtre du Pélican de Clermont-Ferrand, résonnent comme la voix d’un rocker backstage fantasmatique qui hurle sa vie au présent sentinelle pour continuer de transmettre l’indicible. Un manifeste de bruits et de fureur de vivre. »

Libération, Dominique Bérody 2016

« Claire Rengade brouille les frontières et la restitution de ses propres textes crée une atmosphère surréaliste et quasi performative, dans une poésie aux accents beckettiens, à la fois drôle et tragique, rappelant la puissance d’un Klaus Kinski récitant « par delà le bien et le mal » de Nietzsche par cœur… »

Julien Vicomte, le Dauphiné Libéré, 27 mai 2015

« Claire Rengade invite à une furieuse immersion. Celle-ci pourrait bien faire tache dans la réflexion au long cours qui mobilise les spectateurs. »

L’avenir, août 2014

« Des paroles qui deviennent des textes, des musiques qui parlent, une écriture toujours en mouvement. Claire Rengade ne cesse de jouer avec le son, ..le tout à travers des yeux d’enfants ».

Régions, 31 décembre 2014

« C’est que l’actrice Claire Rengade s’en mêle : la voix des auteurs sur leurs propres textes n’est pas toujours convaincante, mais ici la magie opère ..Claire Rengade nous fait entendre la poésie du profane avec une force surprenante. C’est à la fois beau et drôle, racé et dingue, réellement surprenant…»

Michel Cochet, Collectif A mots découverts, avril 2013, Paris

«Avant de devenir auteur et metteur en scène, la Française Claire Rengade a été orthophoniste. Un souci pour le son et le langage qui s’entend tout au long des Terriens, fantasmagorique poétique et musicale autour des activités du CERN en général et de l’accélérateur de particules, le LHC, en particulier. Ce spectacle inventif et jubilatoire, on peut le découvrir au Théâtre Sévelin, à Lausanne cette fin de semaine dans le cadre de l’Hyper-quinzaine de l’arsenic, après un passage remarqué à Génève.

Les terriens? C’est ainsi que se nomment eux-mêmes les physiciens du CERN que Claire Rengade a côtoyés durant sont immersion dans la grande maison (7000 personnes) pour mieux comprendre comment cette communauté chasse le Boson. Clairement, la jeune femme a adoré voir fonctionner ces chercheurs qui parlent en « cernlich », mélange de toutes les langues représentées dans l’institution, et se débattent autant avec l’ascenseur en panne et les plannings d’horaire qu’avec la supraconductivité. Dès lors, sa proposition en 24 saynètes parle physique avec ses grandes questions sur le temps et l’espace, mais aussi chronique quotidienne avec des casse-tête organisationnels. Surtout, dans une esthétique bricolée où un ressort figure le LHC et un bonnet de bain prépare le plongeon dans l’hélium, le spectacle offre des pépites poétiques où la parole en liberté rappelle les échappées de Valère Novarina.

Un autre élément des Terriens évoque d’ailleurs Novarina, auteur et metteur en scène démiurge : la forte présence de la musique qui sert de lien entre ces éléments abracadabrants où il est question de champs magnétiques et de collisions. Le groupe Slash/Gordon (trombone, violon et clarinette) tire parti de la voix profonde et limpide de Laura Tejeda et propose des ambiances de fanfare urbaine qui mettent de la tripe là où l’esprit s’échappe. « J’existe, j’espère que ce n’est pas une impression », lance un comédien avant immersion. Le public, lui en est sûr : un spectacle aussi libre rend plus vivant.»

Le Temps, Jubilation supraconductive, « les Terriens », à Sévélin, Lausanne, 23 février 2012.

« comme toujours en allant voir un spectacle. du théâtre Craie  on voudra éprouver ce plaisir du verbe ciselé, fort, engagé, de Claire Rengade »

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Etienne Faye, 491, décembre 2011

« une pièce étrange d’une force poétique indéniable, qui élève la banalité des considérations quotidiennes au rang d’un oratorio surprenant…(et)  nous emmène dans un monde bizarre:  le nôtre »

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Nicolas Blondeau, Le Progrès, 3 décembre 2011

Claire Rengade adore la bascule entre réalisme et onirisme dans un monde en fusion, irréel, fascinant et dangereux. Au final, cette pièce est une forme très novatrice entre théâtre, poésie et reportage. Un flux impressionniste, parfois dense, touffu, ardu, mais qui sonne, résonne, jubile.Une vraie belle surprise d’écriture ».

Laurence Cazaux, Le Matricule des anges, numéro 99, avril 2010

« L’originalité des dialogues de Claire Rengade doit beaucoup à la façon dont le langage enfantin subvertit sans relâche la syntaxe et le lexique et à la manière dont les enfants s’approprient et commentent le réel par le biais de leur débordante imagination. Les niveaux de lecture satisfont autant le lecteur adulte que les plus jeunes et cette aventure ludique, spontanément poétique, est une réussite.»

Blandine Longre, La Revue des livres pour enfants, février 2010

«Claire Rengade réussit ce tour de force d’imbriquer les temporalités – le « ici et maintenant » et le temps « dit zéro » d’avant la création. De ce joyeux télescopage sort une cosmogonie inédite avec sa galerie de créatures où l’on peut y croiser Dieu en « gueule noire », Ulysse, l’homme avant sa naissance, Adam et Eve…
Cette grotte de début ou de fin du monde s’agrège les diverses strates du temps – social, universel ou intime. Si la machine devient une matrice métaphysique, elle n’en reste pas moins un système de production avec ses rouages – plans d’action, stratégie, planning et hiérarchie.
Composée en vingt quatre mouvements, la pièce se déroule allegro tout en muscle et en nerf. La parole – toujours adressée – est une musique où la langue chahutée, éclatée, contorsionnée surgit et résonne. Il y a une fragilité du vivant là-dedans, quelque chose qui échappe, en équilibre instable, au bord.»

Fanny Prud’homme, comité de lecture Théâtre de la tête noire de Saran, mai 2010

« Claire Rengade a une vraie langue poétique, onirique et morcelée.»

Comité de lecture Théâtre National de Strasbourg,  février 2009

«Comment dire? comment parler de l’écriture de Claire Rengade sans tomber dans la posture? Son écriture ne se poste pas, ne se met pas au garde-à-vous, ne se fige pas dans l’instant, mais se libère au contraire des corps dans un mouvement à géométrie variable. »

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Florence Roux … 491, novembre 2009

« La qualité poétique profonde du langage de Claire Rengade nous a touchés(…) Tout se tient dans la parole, et ces fragments de langage et d’imaginaire -sans errance psychologique aucune – donnent une existence forte et concrète aux personnages –locuteurs. A la manière d’un photographe fixant le monde sur la pellicule tout en s’étonnant du décalage avec ce qu’il voit une fois l’épreuve entre les mains, ce décalage entre écoutes subjective et objective est extrêmement intéressant : les ellipses, les silences, sont également producteurs de sens».

Laure Hémain Théâtre National de la Colline, Paris, 2009

« Claire Rengade porte à la parole un rapport sonore et sensuel ainsi qu’une dimension, qui lui est très particulière, de l’étrangement familier . »

Angela de Lorenzis, Comité de lecture du National de Strasbourg, mars 2008.

« Et puis, il y a une écriture qui nous rend le texte très proche, humain, presque sensuel. »

Gilles Boulan, Comité de lecture du Panta Théâtre à Caen,  2008

 « C’est un texte avec des gens dedans. Avec le travail des gens. Avec toute une humanité (j’ai pensé à Dumont et à Depardon côté cinéma) pour qui Claire Rengade éprouve/écrit un amour profond. Amour des gens, amour du réel, amour du paysage. Et il n’y a que la force de la littérature pour rendre ça »

Philippe Labaune, metteur en scène, Journées de Lyon des auteurs de théâtre, octobre 2008

« Et les phrases familières de Claire Rengade, en strates patientes, drolatiques ou graves, intelligentes, nous parlent avec une sorte de tendresse, comme si nous partagions avec l’auteure la même famille, le même camping, le même village… »

Etienne Faye …491 – avril 2007